Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La fête du cinéma

Vendredi 24 et samedi 25 mai, dans le cadre des festivités des 30 ans d'existence du lieu, le 102 va se transformer en Grand Multiplex et ouvrir 7 salles pour 10 films, soit autant de possibilités de découvrir des œuvres originales, barrées et hors formats. Tour d'horizon sélectif. EW

Il y aura par exemple People I could have been and maybe am, film sorti en 2011 et tourné avec un portable. On peine d'abord à supporter la qualité qui nous change de nos blockbuster en trois dimensions. Puis, petit à petit, on est pris par la proximité qui se construit avec les personnages... On entre dans la vie de parfaits inconnus dans les rues de Londres, la nuit. Il y a Steeve, le fumeur de crack ; Sandrine (photo), seule, qui de sa fragilité émeut Boris Gerrets, le réalisateur détenteur du portable... Et puis tant d'autres... Ce sont des rencontres sincères, sans voile, prises presque à la volée avec un de ces outils dont nous avons tous désormais usage.

Quand on arrive en ville

Dans la suite des films, aux frontières de l’expérimentale, il y a Winnipeg mon amour (de Guy Maddin) ou encore Ducth Harbor (de Laura Moya et Barden King) : deux œuvres teintées de noir et blanc, même si très différentes dans le fond.

Winnipeg mon amour est un film façon David Lynch sorti en 2009. Une longue promenade s'opère le long de paysages parcourus à toute vitesse, à bord d'un train semblable à une frise historique, traversant les souvenirs d'un bruit de ferraille âcre. C'est l'histoire d'une ville, sans doute la plus froide et isolée du Canada. Le ton est tragique, presque surréaliste, et donne à ce long-métrage un aspect intemporel et spirituel.

Dutch Harbor est de la même manière l'analogie d'une ville de plusieurs milliers d'habitants, disséquée par l’œil scrupuleux du cinéaste. Unalaska, cité perdue dans les hauteurs de l'Alaska, appelée aussi « l'archipel ou la mer vient s’éteindre », ou encore davantage connue sous le nom de « Dutch Harbor » : cette terre est un véritable morceau de bout du monde. Sur une musique trip-hop ou post-rock, on regarde, médusés, défiler la vie d'individus, de pêcheurs, d’humains en somme, si proches de nous et pourtant si inatteignables.

My friend, my only friend

Mattew's laws est un film documentaire bouleversant. Mattew est affecté d'un trouble mental qui l'handicape : l'autisme. On entre chez lui comme on entrerait dans un monde perdu. Il nous ouvre son esprit, il se confesse, expliquant à la caméra de son combat face à la vie. C'est son ami d'enfance qui le film. Chez lui, c'est une caverne remplie d'objets hétéroclites, agencés à sa façon. Dehors, comme dans une jungle, il rugit, déversant une énergie incontrôlée sur ce monde dans lequel il ne trouve pas sa place. Le film suit ce dialogue entre ces deux amis, séparés par « l'abysse » immense de l'objectif, ce trou noir avaleur d'images, jusqu'à se terminer là ou Mattew ne pourra plus avancer. Un film plus que tragique.

Pour clore ce rapide résumé des films à ne pas louper, on terminera sur Atalaku (crieur en congolais) de Dieudo Hamadi, sorti en 2013. C'est l'heure de voter en 2011 pour ces Congolais, indépendants depuis 1960, qui pour la deuxième fois sont appelés aux urnes. Un documentaire filmé caméra à l’épaule, où l’on suit une sorte de pasteur ventant les mérites de son candidat, le député le plus offrant. Quand corruption rime avec politique, le suffrage universel prend un autre sens. Plus tard, un groupe d'adolescents trace avec un morceau de charbon sur une tombe usée par le temps la stratégie à adopter pour se rendre au rassemblement qui va bientôt avoir lieu. C'est un cri politique, d'espoir, de rage et indéniablement actuel que pousse ce documentaire...

La fête du cinéma
Tag(s) : #Cinéma

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :