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Éloge d'un chorégraphe en plein travail.

Akram Khan s'affaire dans les recoins de la MC2, préparant sa nouvelle création 2013 ; In the mind of igor (Itmoi). Nous avons pu observer de loin les prémisses d'un spectacle mondialement attendu. Le Sacre du printemps est toujours une aventure pour les chorégraphes qui s'y atèle. Sans prétendre en faire une éloge vertueuse, quand bien même nous ne l'aurions pas vu en totalité, nous nous demandons comment ne pas parler de ce brève aperçu si prometteur ?

Curieux, nous nous sommes infiltrés comme des souris dans l'espace de répétition d'Akram khan à la MC2 ce Jeudi 25 avril. A l'ombre des lumières et face à une scène en pleine transformation le chorégraphe britannique, originaire du Bangladesh, dirigeait avec splendeur ses onze danseurs pour son nouveaux spectacle ; In the mind of igor (ITMOI). Obsession gargantuesque de nombreux chorégraphe, le ballet russe Le sacre du printemps est considéré comme un chef d’œuvre du XX ième siècle, incroyablement riche en possibilités d'interprétations. Akram Khan s'y atèle avec fougue, gardant seulement l'écriture de Stravinski et modifiant complètement la bande sonore (à l'origine de Nijinski) avec l'aide de trois compositeurs (Nitin Sawney, Jocelyn Pook et Ben Frost). Il se plaira à infiltrer l'âme tortueuse de cet antique Igor en puisant dans le domaine du spirituel, du rituel, du sacrifice, qui peut jaillir d'un tel personnage hypothétique.

Sur scène, des corps se cherchent, ensemble, se mêlent et s’étirent jusqu'à leur paroxysme. La répétition en soi est un spectacle, en mouvement, en construction. Le chorégraphe donne ses directives en anglais, d'une voix calme, et l'espace s'organise en fonction. Il prend sens. Nous assistons à une sorte de terrifiant mariage, transcendant, un rituel de noir et de blanc et puis des corps parfois aliénés, se roulant au sol par de tortueux mouvements. Chaque danseur extériorise une énergie considérable, endosse leur personnage avec passion et habite le plateau d'une présence physique remarquable. On croit reconnaître une ressemblance avec Vertical Road, un précédent spectacle créé en 2011, par une chorégraphie très verticale. Les corps semblent englués au sol et peinent à s’élever. Lorsqu'il y arrivent enfin c'est pour se transformer en d’impressionnantes figures ailés. Maîtres de leurs pulsions, ils bravent la pesanteur.

Akrham Khan continuait à manipuler son monde d'artifices lorsque nous nous sommes levés, presque courbés, laissant s'opérer derrière nous la magie du spectacle encore en pleine recherche.

Les danseurs, d'apparence surréalistes, trop concentrés pour qu'on les distingue de leur personnage, ont continués à virevolter sous les ficelles invisibles du chorégraphe et des techniciens.

Le spectacle prévu du 14 au 18 mai ne pouvait être attendu avec plus d'impatience. On reste sur notre faim d'en avoir vu si peu et autant à la fois.

Tag(s) : #Danse

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